Impression

Après le jeu de stratégie A Game of Thrones Genesis, Focus et Cyanide nous invite à nouveau à fouler la terre, ou la neige, du continent de Westeros. Mais ce coup-ci dans un RPG. Je vous rassure, il s’agît bien sûr d’un RPG à l’occidentale et non un Final Fantasy version Game of Thrones et c’est tant mieux.

L’histoire tourne autours de deux protagonistes jouables tour à tour. Mors Westford, le bourrin, est un vétéran de la fameuse garde de nuit, et Alester Sarwyck, le finaud, un noble devenu prêtre rouge qui revient d’exil à la mort de son père. Bien que l’histoire de Mors débute peu de temps avant les évènements de la série, celle d’Alester se déroule plusieurs mois avant.

Une fois le décor planté, je peux me lancer à corps perdu dans le jeu. Et bien, que ça fait plaisir de retrouver le thème du générique de la série sur le menu principal du jeu. La suite de la musique n’est par ailleurs pas en reste.

On commence donc le jeu avec Mors, mon préféré, je dois l’admettre, et dès le début, on sait qu’on a bien affaire à un jeu de rôle. Lorsqu’on commence avec un personnage, on passe par une phase de personnalisation. On commence par choisir le style de combat qui détermine également les capacités disponibles ainsi que les armes et armures utilisables. Ces styles sont au nombre de 3, par personnage. Pour Mors, il s’agit de choisir entre le maniement d’une arme à une main et d’un bouclier, celui d’une arme à deux mains et enfin celui de deux armes à une main. Et pour Alester, on peut choisir entre un style de bretteur avec une arme à une main, privilégiant l’épée, un style d’assassin avec tout ce qui va avec, et un style d’attaque à distance. Quand je vous disais qu’il était plus fin ! Ensuite, il nous faut personnaliser ses caractéristiques en accord avec le style choisi au début, ou pas. Car il est ici tout à fait possible de rater son personnage.Puis vient le choix des capacités, celles-ci étant liées au style choisi. Ces capacités peuvent être passives ou active et sont de types différents qu’il faudra savoir exploiter tout au long de combats plutôt tactiques utilisant le système de pause active. Enfin, il faut assigner des points dans les compétences d’armes et d’armures. Encore une fois, il est possible de faire ce que l’on veut et également n’importe quoi. Cependant, certaines compétences sont des compétences de prédilection associées au style choisi. Lorsque l’on dépense un point de compétence dans celles-ci, elles gagnent deux rangs au lieu d’un seul. On peut enfin passer au jeu … Ah bah non. A ma grande surprise un nouveau choix m’est proposé. Je dois choisir des atouts et des défauts. Les atouts vous fournissent des bonus et les défauts, des malus. Chaque atout/défaut coûte un nombre de points en fonction de son importance et il faut équilibrer le nombre de points dépensés dans les atouts et ceux dépensés dans les défauts. Il est également possible de ne dépenser aucun point ici. Tout cela sent bon l’inspiration des jeux de rôles sur papier. Ce n’est évidemment pas aussi détaillé que ces derniers mais plus que la plupart des productions actuelles. Et puis bien sûr, c’est adapté au contexte pour ne rendre la création de personnage trop fastidieuse. Il est vrai que savoir que Mors a une compétence élevée en tricot ne nous est pas d’une grande utilité.

Chaque personnage possède également des capacités spéciales liées à son histoire personnelle. Ces capacités se présentent sous la forme de capacités utilisables en combats et hors combats. Mors possède des capacités liées à son chien, ce qui lui permet, hors combat de contrôler celui-ci afin de pouvoir pister des odeurs pour suivre des personnages ou trouver des trésors. Quant à Alester, il possède des capacités en rapport avec sa nouvelle foi, capacités qui sont liées au feu à la lumière. Celles-ci lui permettent, hors combat, d’analyser son environnement afin de trouver des passages secrets.

Comme je le disais, les deux personnages ont deux styles totalement différents et complémentaires. Cela se ressent au niveau des combats mais également au niveau de l’histoire. Quand l’histoire de Mors est plus centrée sur l’exploration, la traque et le combat, celle d’Alester est plus encrée dans la politique et les intrigues. Finalement, il ne s’agît ni plus ni moins que des aspects déjà visibles dans les livres ou la série. Chaque histoire est découpée en chapitre de longueur croissante et on passe d’un personnage à l’autre à chaque chapitre. Ce découpage permet à la narration de gagner en cohérence par rapport à la construction de la série ce qu’elle perd en immersion pour le joueur. En revanche, elle a le mérite de beaucoup jouer sur le principe de cliffhangers également présent dans la série.

L’histoire évolue au file de nombreux dialogues parfois très crus, parfois tout bonnement excellents, voire les deux en même temps pour ceux qui, comme moi, aiment les répliques du genre - Dis moi où il est ! – Je te chie dans les doigts. Au cours des dialogues vous avez le choix des réponses mais également des actions à mener. Achever un blesser, libérer un prisonnier, tout ceci ne dépend que de vous. Et tous ces choix ont une importance car ils modifient l’histoire mais aussi votre personnage qui peut gagner de nouveaux atouts ou défauts en fonction des choix effectués.

 

Les dialogues sont portés par des doublages de haute volée que ce soit en français ou en anglais. Pour ma part, j’ai opté pour la VO sous-titrée car c’est ainsi que je regarde la série et bien m’en a pris car ce sont les acteurs de la série qui ont doublé leur avatar de pixels. Et la voix de Mors en VO est tout simplement extraordinaire. Je vous ai pas dit que c’était lui des deux personnages que je préférais ? Pour ce qui est du doublage français du coup, je ne saurait affirmer si les doubleurs de la série ont été repris. La réalisation technique n’est malheureusement pas au niveau du reste. Sans être hideux, loin de là, on est pas en face du jeu qui fera fondre votre carte graphique. Mais tout n’est pas non plus noir à ce niveau. Un travail énorme a été fait sur les visages et il m’a été ainsi possible de reconnaître du premier coup d’œil les protagonistes de la série. Les environnement dégagent également une certaine atmosphère pesante en accord parfait avec le thème.

Alors, oui, le jeu n’est pas particulièrement beau mais on est en face d’un très bon jeu de rôle fouillé et bien fichu dans un univers très apprécié. Et qu’il est rafraîchissant de retrouver un jeu de rôle où tout ne se résout pas forcément par un combat. Alors, ne boudons pas notre plaisir et enfilons nos bottes direction Westeros en compagnie de Mors et Alester.



A propos de l'auteur

Shoop
Shoop
Accro aux jeux vidéo depuis petite, j'aime partager ma passion aux créatures magiques et autres Moldus. Pro de la Danse de l'Eau et Mage Spe Arcane, je voyage à dos de dragon dans mon monde, au milieu des bois et des animaux.