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Citadelum – Notre Ave sur Switch 2

J’ai toujours été un fan des jeux de stratégie/gestion de type city builder et en particulier de la série des Anno appartenant aujourd’hui à Ubisoft. Forcément, quand un nouveau joueur entre dans l’arène ça force la curiosité. Citadelum, jeu de stratégie/gestion se déroulant dans la Rome Antique et développé et édité par Abylight, est sorti sur PC en Octobre 2024. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est son portage sur la dernière née des consoles Nintendo. Et forcément, le portage de ce type de jeu sur console m’intrigue ayant toujours joué à ce type de jeux sur PC. C’était l’occasion de tester la maniabilité sur console et en particulier sur console portable.

Citadelum nous place dans le rôle d’un gouverneur d’une cité romaine partant d’un simple village pour atteindre au final la mégalopole. Deux modes de jeu sont disponibles. Un mode bac à sable qui permet de choisir sa carte et les paramètres de jeu pour modifier la difficulté. Une fois la partie lancée, elle ne s’arrête que lorsqu’on a plus envie de jouer ou si vraiment on parvient à détruire sa cité à la suite de très mauvaises décisions. Le deuxième mode est le mode campagne. Dans ce mode chaque partie suivra une histoire qui servira uniquement de contexte et la partie pourra s’arrêter lorsque certaines missions seront remplies. Les premières missions du mode campagne servent de didacticiel et sont donc indispensables à jouer. Dans l’ensemble, le didacticiel est plutôt bien et permet de bien appréhender le jeu qui bien que simple à comprendre peut se montrer complexe à maitriser. D’ailleurs, premier défaut, les différents didacticiels présentent parfois des erreurs de traduction, des appellations incorrectes ou des phrase qui n’ont pas toujours de sens. Mais l’effort de proposer une version française est déjà louable alors ne chipotons pas. A la fin de chaque mission, une fois les objectifs accomplis, il sera possible de passer à la mission suivante ou de continuer à développer sa cité en mode bac-à-sable.

Et on arrive à l’élément le plus frustrant du jeu. A chaque mission, on repars d’un village vierge. Ca ne pose que peu de problèmes lors des premières missions assez rapides mais plus tard quand chaque mission prend plusieurs heures à accomplir il peut être frustrant de devoir tout recommencer à chaque fois. Même si on peut bien sûr peaufiner sa stratégie de développement au fur et à mesure des parties. Refaire les étapes de base à chaque fois est vraiment répétitif et donne l’impression d’une augmentation artificielle de la durée de vie. J’aurais personnellement préféré une campagne à la Anno qui en proposait deux types en fonction des itérations. Pour les plus anciens on retrouvait des missions uniques mais là ou certaines nous proposaient de créer notre ville, d’autres nous mettaient à la tête d’une ville déjà installée qui présentait des problèmes qu’il nous fallait résoudre. Les opus sortis plus récemment (n’ayant pas encore fait Anno 117 Pax Romana, je ne peux parler pour celui-là) proposaient une campagne complète sur une seule carte permettant de développer sa ville du petit hameau à la cité au travers de missions et d’une narration progressive. Ces deux façons d’aborder la campagne effaçaient un peu le coté succeed-and-retry des missions telles que présentées dans Citadelum : « Vous avez mené à bien votre mission ? Eh bien recommencez du début. »

A coté de ça, le jeu est vraiment chouette. Les mécaniques sont certes peu originales quand on connait le genre mais elle sont efficaces et bien maitrisées. De plus, les différences sont suffisantes pour ne pas qu’on se retrouve devant un jeu qu’on pourrait qualifier de clone d’Anno. La principale différence se situe au niveau de la gestion de la populace. Encore une fois, n’ayant pas joué à Pax Romana je ne peux comparer les deux. Mais à moins qu’ils ait foncièrement changé leur fusil d’épaule, les Anno ont toujours fonctionné plus ou moins pareil à ce niveau là. La où les Anno proposent un seul type d’habitation à construire qui évoluera au fur et à mesure des besoins remplis permettant à leur population de s’élever dans les rangs de la société, Citadelum propose deux types d’habitation pour deux classes de citoyens de Rome. D’un coté on retrouve les Plébéens qui représentent la force active de la cité. Ce sont eux qui seront employés dans les différents bâtiments de production et nécessiteront donc le paiement d’un salaire. Et de l’autre les Patriciens, les notables et aristocrates, qui eux ne travailleront pas mais devront verser un impôt à la ville. Il faudra donc équilibrer tout ça pour avoir suffisamment de travailleurs pour satisfaire les besoins de chaque groupe mais également suffisamment de notables pour couvrir les dépenses de la cité. Chaque maison pourra également évoluer, augmentant le nombre d’habitants qu’elle pourra accueillir et modifiant les besoins mais sans changer la classe de ses habitants.

Un troisième groupe existe, les militaires, mais pour simplifier les chose ceux là sortent de nulle part. Il est ainsi possible d’entrainer une armée sans vider notre cité de sa population. La fluidité du jeu a été préférée au réalisme. L’armée aura un rôle déterminant dans le jeu car il faudra compter avec d’autres cités, des groupes hostiles et des crimes dans la cité. Il faudra donc entrainer des gardes pour protéger la cité, des explorateur pour découvrir de nouveaux territoires et des légions pour affronter les armées hostiles. Il sera également possible d’effectuer du commerce avec les cités voisines soit pour acheter des ressources complexes à produire ou vendre un excédent. Et si la relation avec la cité est bonne, il sera même possible de lui acheter des soldat pour renforcer nos légions. D’ailleurs, la où les Anno placent en général tout le monde sur une grande carte, la carte de jeu de Citadelum ne contient que notre cité. L’exploration se faisant via une carte du monde accessible en dézoomant au maximum ou via un raccourci.

Des outils au sein du jeu permettront de suivre précisément tous les aspects de notre cité de la production à la consommation en passant par les recettes et les dépenses ou l’affectation des travailleurs. Encore une fois, c’est du classique dans les jeux modernes du genre mais c’est bien mis en œuvre. Dernier aspect qui est assez original pour ce genre de jeu, la religion et les divinités. La Rome Antique a construit de nombreux temples en l’honneur de leur nombreux dieux. Il faudra en faire de même dans notre cité. Les habitants demanderont des célébrations en l’honneur des dieux, ce qui représente également des périodes de congés pour les travailleurs. Mais les dieux aussi demanderont de telles célébrations. Chaque dieu, au nombre de 6, demandera qu’on le vénère suffisamment. Si tel est le cas, ils pourront octroyer des bénéfices à la cité. Dans le cas contraire ils feront exploser leur colère. Chaque dieu représente un aspect du jeu et le bénéfice ou la colère affectera cet aspect particulier. Le jeu est clairement très complet en terme de possibilités malheureusement, il ne propose que peu de choix de développement et toutes les parties se ressembleront d’où le coté très répétitif des missions.

Maintenant qu’on a parlé du jeu en lui-même, qu’en est-il sur portage sur Switch 2 ? Le type stratégie/gestion étant un type de jeu assez lent, il s’adapte très bien que ce soit avec des contrôles à la manette ou à la souris grâce au mode souris de la Switch 2. Pour ce dernier, bien que les contrôles soient précis et très réactif, je n’ai toujours pas trouvé de position confortable pour y jouer de façon prolongé sachant que je joue soit en mode portable soit sur ma télé dans mon canapé. Il faudrait surement que je me prenne un support joy-con pour ce type de jouabilité afin d’améliorer l’ergonomie. Et peut être une petite tablette à poser sur mes jambes pour pas me tordre le poignet. Mais en l’état je préfère largement le mode manette plus agréable sur de longues sessions. Coté visuel, le jeu n’est déjà par un étalon technique sur PC mais les développeurs ont dû consentir quelques sacrifices sur la console. Le jeu reste agréable à regarder et est surtout totalement fluide malgré la quantité d’éléments affichés à l’écran. Le jeu est également totalement lisible même en mode portable. Coté son, les musiques sont plutôt sympa et s’intègrent parfaitement dans le jeu. Le jeu ne propose pas vraiment de doublage. Après, les histoires sont très basiques et servent uniquement de contexte. Pas besoin de doublage ici. Coté durée de vie, cette version Switch propose le jeu de base et tous les DLC sortis sur PC pour de très nombreuses heures de jeu. A condition d’adhérer au système un peu répétitif des missions. Le mode bac-à-sable offre quant à lui une durée de vie quasi illimitée.

Ce qu'il faut en retenir

Note

Ce portage de Citadelum sur console portable montre bien que la frontière en PC et console s'amincie de jour en jour. Parfaitement adapté même sans utiliser le mode souris, le gameplay ne souffre d'aucun sacrifice pour ce portage. Le jeu propose en plus une grosse durée de vie si on est pas dégouté par le fait de devoir tout recommencer à chaque mission. Une très bonne pioche pour tous les amateurs de city builder pour un prix un peu en dessous de 30€.

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A propos de RomainDesBois

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Ermite vivant dans sa caverne au milieu de matos informatique et jeux vidéo en tout genre. N’aime pas le soleil, sortir ou les gens en général. Le seul moment où je sors c’est pour aller au cinéma ou dans un parc d’attraction. Et oui, en plus je suis paradoxal.

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