Impression

S

acha Baron Cohen adore se déguiser. On l’a connu en rappeur bling bling sous le pseudo Ali G officiant sur la télé anglaise, puis tout en moustache et en cheveux dans Borat, film à la gloire d’un pays slave fictif anti américain et enfin en fashonista d’origine autrichienne méché et sous brushing dans Brüno. On le retrouve aujourd’hui en dictateur d’Afrique du Nord, tyran qui pointe du doigt en permanence et obsédé sexuel, d’un pays imaginaire baptisé Wadiya.

Et si avec The Dictator, Sacha Baron Cohen reste dans la satire, il l’aborde de manière quelque peu différente. Jusqu’ici, il incarnait un personnage excentrique et se frottait au monde réel avec une volonté manifeste de provoquer des réactions. Et si possible extrêmes : surprise, bagarres, insultes. On se souvient dans Borat de la scène de capture de Pamela Anderson avec un sac en toile de jute. Une scène arrangée ou pas ? Le mystère a été entretenu. A chaque fois, le personnage incarné par Sacha Baron Cohen était directement confronté au réel, avec l’envie de donner un côté docu réalité au long-métrage.

Pour The Dictator, l’approche est différente puisque le film a été scénarisé, même si une large place a été laissée à l’improvisation, et avec une nouvelle fois Larry Charles aux commandes. Réalisateur complice de Sacha Baron Cohen, et qui a fait ses armes sur l’excellente série Seinfeld, où il officiait en tant qu’auteur, avant de lancer une autre série à succès Curb Your Enthusiasm. Au sujet de The Dictator, Larry Charles s’attache à la dimension politique du film :

 

 » Qu’est ce que la démocratie ? Qu’est ce qu’un pays ? Que signifie les frontières quand de grands pays sont dominés par des intérêts privés, partisans, et corporatistes ? Qu’est ce que la dictature signifie en fin de compte ?« 

 

The Dictator aborde donc des sujets graves et contemporains, à grand renfort de blagues scatologiques, racistes, misogynes et homophobes. Et c’est très drôle ! La langue de bois n’est pas de mise ici, et il est assez rafraîchissant de pouvoir rire sur des sujets aussi importants. Et l’on suit donc les péripéties du Général Aladeen, victime d’un complot, qui va se faire éjecter du trône par un sosie et se retrouver seul à New York, et sans sa barbe. Il va trouver un allié pour tenter de retrouver sa place de dictateur. Et même lorsqu’il revêt l’apparence d’un citoyen ordinaire, il continue de se conduire comme un tyran.

L’extrait qui suit montre Aladeen et son allié en plein repérage pour tenter une intrusion forcée dans un immeuble new-yorkais. Immeuble où va se tenir une conférence au cours de laquelle son sosie va prendre la parole pour déclarer l’instauration d’un régime démocratique à Wadya. Le pire cauchemar du Général Aladeen !

 

 

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Karine
Karine
Humble scribe depuis 1999 sur divers supports papier et numérique tels que : Joypad, Playstation Magazine, Consoles+, Gamepro.fr, mais aussi Voici (si si pour 2 articles) ou encore Viamichelin.fr. Citation du moment : "I cry because others are stupid. That makes me sad." Sheldon Cooper.