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[Séries] La Dramedy : Le virage social et sombre des nouvelles séries américaines

Si les Américains ne sont obsédés que par une chose, eux-mêmes, ils restent très pudiques sur certaines choses. Pendant longtemps par exemple, à la télévision comme au cinéma, on ne montrait pas d’obèses, ni de « vrais » pauvres, les enfants et les animaux ne pouvaient pas mourir et jamais, au grand jamais, une fille enceinte n’avortait.

Mais dans les années 2000 sont arrivées de nouvelles séries grand public, comme Desperate Housewives, qui ont brisé plusieurs de ces tabous.

Si la recette a un succès immédiat, elle vieillit mal. Au fil des saisons, la série colle de moins en moins à la réalité : la crise est passée par là. Il devient de plus en plus difficile de s’identifier à ces ménagères désespérantes. Du coup ce sont de nouvelles séries qui font leur apparition, et celles-là sont beaucoup plus « dark », au moins socialement.

Prenons Breaking bad, un prof de chimie atteint d’un cancer qui synthétise de la drogue. Noir, c’est noir. Si le sujet avait déjà été défriché par Weeds, cette mère de famille, veuve, qui deale de l’herbe pour garder son niveau de vie, le ton est ici beaucoup plus désespéré et, finalement, vrai. L’interprétation de Bryan Cranston, en prof au bout du rouleau et condamné, sortant de la légalité pour sauver les siens, est si forte que cela auréole le show d’un succès public et critique.

Même l’humour est atteint par cette vague : Raising Hope. Dans l’esprit de Malcom (Hal, le père, était d’ailleurs interprété par Bryan Cranston), elle dévoile le quotidien d’Américains vraiment pauvres, dont le fils doit élever le bébé qu’il a eu d’un one night stand (coup d’un soir) avec une criminelle, exécutée depuis.

Si la série est diablement drôle, elle montre aussi l’impossible : une vieille alzheimer qui exhibe ses seins, quatre générations qui vivent sous le même toit, du chapardage en grande surface, etc. Cette famille profite et subit le système, montrant les travers d’une société où le rêve américain devient difficile voire impossible à atteindre.

Et que dire de Shameless ? Tout est dans le titre, on n’a plus honte de montrer un père de famille alcoolique, vivant comme une tique sur le dos de ses enfants mineurs. Des ados qui boivent et ont une vie sexuelle, une vraie gageure dans le paysage audiovisuel américain. Certes le show est l’adaptation d’une série anglaise, mais c’est une révolution dans ce que l’on ose montrer à la télé. C’est William H. Macy qui assume ce rôle difficile, à la base prévu pour Woody Harrelson, mais le succès inattendu de Zombieland a changé les plans.

En revanche, tout ne s’adapte pas facilement pour autant, la sexualité reste encore un tabou puissant. La version US de Skins, une série anglaise sur le quotidien d’ados, diffusée sur MTV, est vite jugée trop trash, bien qu’elle soit plus sage que l’originale. On va jusqu’à parler de pornographie infantile ce qui fait fuir les annonceurs américains qui n’osent plus s’afficher dans les coupures pubs du show, remettant en question sa diffusion.

En tout cas, avec Breaking Bad et Shameless, on n’est plus dans l’habituelle comédie dramatique mais dans un nouveau genre : la dramedy.  Oui vous allez sourire, mais souvent jaune.

 

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Richard

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